'Eté 2006: la grace d'Hermès, le barnum de Galliano', actu.voila.fr, 10th october 2005
Les présentations des collections oscillent souvent entre présentation de vêtements et spectacle: samedi en fin de journée la maison Hermès a opté pour la première solution et John Galliano pour la deuxième. Jean-Paul Gaultier et Hermès font partie de ces rares marriages heaureux entre un créateur à forte personnalité et une maison à forte identité, sans que l'un nuise à l'autre.
Panama sur la tête, sac Kelly mini ou grand porté au creux du bras, chaussures à talons hauts en bois couvertes de rubans de cuir ou de soie agrippée à la cheville, la femme Hermès a appris l'élégance dès son plus jeune âge.
Jean-Paul Gaultier lui donne du peps en plus avec un orange Hermès lumineux associé à des tons de cuir brique. Le blanc à peine cassé, le noir intense et le bleu navy sont autant de points de repères.
Les inspirations des imprimés vont des feuilles pixelisées à des dessins plus classiques rappelant les carrés de soie pour des chemises longues qui se boutonnent en biais ou ressemblent à des tuniques chinoises.
La dentelle fait irruption siglée do célèbre "H" ou reprenant les monuments de Paris comme la Tour Eiffel et le 24 fg Saint-Honoré, siege de la griffe. En noir, elle calme lesardeurs d'un fond orange. Brique, elle fait de meme avec une teinte absinthe.
La ligne est souple en permanence grace à des plissés irréguliers qui tombent à la perfection tandis que d'autres plus serrés se soulèvent avec le mouvement. Le soir, la femme Hermès ressemble à une tanagra.
Avec John Galliano, qui présentait sa ligne personalle quatre jours après Dior, c'est ambience barnum. Thème official du defile: "don't cry for me fashionistas" (ne pleurez pas pour moi les fans de mode) ou encore "Everything is beautiful" (tout est beau). Ou plus exactement tout le mnde est beau, quelque soit la couleur de sa peau, son âge, sa taille etc.
Le créateur britannique a fait defiler des duos a typiques comme un garçon de café et une princesse japonaise, une Mariln décolorée et un vieux briscard moustache, une dame d'un âge respectactable avec un jeune garcon, des jumeaux, des homosexuals, un noir et une blanche, une femme obese et un homme muscle, un géant et une personne de petite taille, des personnes âgées ou des gamines habillées en princesses etc.
Dans cette histoire, le vêtement n'est regardé. Ce n'était visiblement pas le propos. A la fin du defile, une marionette minature de john Galliano est venue saluer avant l'arrivée du créateur qui a été applaudi debout ou boudé. "Beaucoup 'argent dépensé pour ne pas voir de vêtement", regrettaient plusieurs professionals qui ont requis l'anonymat.
Le couturier Azzedine Alaïa est sorti hilare "J'aime tout dans le mode!" s'est-il exclamé tandis que le president de la federation française de la couture et du prêt-à-porter des créateurs Didier Grumbach trouvait le show "genial".
Les presentations se poursuivent dimanche avec les defiles de Valentino, Yves saint Laurent (Stefano Pilati), Lanvin (Alber Elbaz) et Louis Vuitton (Marc Jacobs). La griffe inaugurera juste avant son plus grand magasin du monde sur les Champs-Elysées avant de faire la fête une fois le podium éteint.